Le Pull Burel Le Laboureur : interview de Nathan Tordjman et Thomas Mustel

Le pull camionneur Burel a été imaginé par la Manufacture de Confection Le Laboureur en collaboration avec Nathan Tordjman et Thomas Mustel. Découvrez tout le cheminement de la création de ce modèle unique et 100% français!

Le contexte de création du pull burel

Le Laboureur produit depuis 1956 des vêtements de travail, à Digoin, au cœur de la Bourgogne. Si la plupart des articles sont encore fabriqués dans notre atelier, nos pulls camionneurs sont réalisés depuis le début des années 90 en Tunisie. Attachés à la fabrication française, nos deux dirigeants, Jean et Vianney, souhaitaient produire à nouveau ce pull dans l’hexagone. La rencontre avec Nathan Tordjman, styliste maille et Thomas Mustel, architecte, a permis de concrétiser cette envie.

Notre pull camionneur Burel associe l’élégance à la française et l’esthétisme du vêtement de travail traditionnel. Modèle devenu emblématique grâce à sa forme pratique et polyvalente, le pull camionneur est repensé en miroir de nos vestes Burel. Ils ont un esthétisme singulier, et au-delà de servir une cause, une fonction, un métier, ils racontent un héritage historique.

Nous vous racontons comment nos pulls camionneurs on été repensés avec Nathan et Thomas.

Photo de Nathan Tordjman et de Thomas Mustel

Comment est née cette collaboration avec Le Laboureur ?

Thomas Mustel : C’est d’abord une histoire de famille. Je viens d’une lignée d’entrepreneurs et j’ai toujours vu mon grand-père et mon père porter des vêtements Le Laboureur qu’ils achetaient sur les marchés. Aujourd’hui, c’est par le biais de mon travail que je rencontre la marque. Les entrepreneurs intervenant sur les projets de rénovation dont je m’occupe sont souvent des Compagnons du Devoir, des gens de profession qui portent Le Laboureur.

Nathan Tordjman : J’ai découvert Le Laboureur avec la veste Burel, un vêtement au dessin efficace, à la matière riche et à l’usage facile. La technique de la maille demande une approche très sensorielle du vêtement, un rapport presque charnel au toucher. Au contact de la matière de cette pièce est née le désir de proposer une collaboration pour développer cette ligne de pulls.

Le nouveau pull camionneur burel Le Laboureur à côté de notre traditionnelle veste en laine burel

Quelle a été la première étape de développement de ce pull ?

N. T. : La recherche de la matière ! On avait l’intuition que ces pulls devaient répondre en miroir à la veste Burel. Sa rusticité nous a paru très belle et nous a donné envie de la prendre comme point de départ de notre réflexion.

T. M. : Au-delà de l’assemblage dans l’atelier de la marque, à Digoin (Saône-et-Loire), cette veste est entièrement française : de l’origine de la fibre au tissage du drap en passant par la fabrication du fil. Notre cahier des charges était posé : créer une ligne de pulls Le Laboureur en matière 100% naturelle et fabriquée en France.

N. T. : Nous avons commencé par faire des essais en tricotant le fil utilisé pour le tissage du drap de laine de la veste. Le rendu était intéressant mais le fil cassait, n’étant pas adapté au tricot et la " main ", c’est-à-dire la sensation au toucher, était trop sèche et ne convenait pas pour des pulls.

Fibres de laine burel naturelle

En quoi les problématiques sensorielles et techniques que vous décrivez vous ont-elles guidé dans votre processus de création ?

N. T. : Elles nous ont poussé à réfléchir à la composition même du fil. Le Laboureur souhaitait recycler ses propres chutes de tissu Burel, issues des coupes de confection des vestes. Avec le même partenaire que pour la veste Burel, nous avons développé un nouveau fil 100% laine qui intègre les chutes défibrées des draps à hauteur de 20%, associées à 30% d’autres laines recyclées. Dans la composition finale, nous retrouvons 50% de laines recyclées et 50% de laine vierge naturellement brune. Un fil propre au tricotage, non teint, 100% naturel et sans risque de casse en machine. Nous pouvons d’ailleurs préciser que la laine est issue de moutons élevés en France.

T. M. : Convaincus par la composition du fil, on a ensuite réfléchi à améliorer la " main " sur la matière une fois tricotée. Nous avions en tête le toucher de cette veste Burel dont le tissu est " foulonné " afin de l’adoucir et de le densifier. Nous avons essayé de faire la même chose avec le tricot : le résultat est saisissant, la maille s’adoucit, se feutre et se densifie. Elle devient riche, chaude, confortable et résiliente aux futurs lavages en machine.

Nouveau fil en 100% laine, incluant 50% de laine recyclée

Qu’en est-il de la confection des pulls, du tricotage ?

N.T. : L’enjeu important concerne la résistance et la durabilité : il nous fallait un pull qui présente le moins de points de faiblesse possible. Nous avions le souhait d’allier la technologie et l’innovation au développement d’un pull traditionnel. Nous avons donc décidé de travailler en tricotage " intégral ". Le pull est tricoté en " 3D ", du col aux manches et tombe de la machine entier, sans besoin de couture. Cela réduit le temps de confection à la simple pose du zip et des étiquettes.

T.M : En sortie de machine, le pull fait 1,5 fois la taille souhaitée et ressemble à une côte de maille médiévale. Il faut ensuite lui faire subir un lavage à 60°C sans produit chimique pour le feutrer jusqu’à lui donner ses dimensions finales. Cette dernière étape, cruciale, confère au pull sa stabilité et sa résistance dans le temps.

Comment résumer ces nouveaux pulls camionneurs en trois mots ?

T. M. et N. T. : Rustiques, Résilients et Résistants !

Tricotage du pull camionneur Le Laboureur en laine burel

Découvrez l'histoire du pull burel Le Laboureur en vidéo !